No Time in Eternity

Une coproduction Ensemble Céladon, GRAME-Biennale Musiques en Scène de Lyon, Centre Culturel Voce de Pigna, Cité de la Voix de Vézelay, Festival d'Ambronay, soutenue par le festival de Musique Baroque de Tarentaise.

L'enregistrement du disque a bénéficié de l'aide de l'Adami. L'Adami, société des artistes-interprètes, gère et développe leurs droits en France et dans le monde pour une plus juste rémunération de leur talent. Elle les accompagne également par ses aides financières aux projets artistiques. 

© Ensemble Céladon

"By hours we all live here; in Heaven is known

No spring of time, or time’s succession".

Robert Herrick

 

A travers un programme de Consort Songs pour un effectif de 5 violes de gambe et voix de contre-ténor, l’ensemble Céladon met en avant, au delà de toute temporalité, l’évidente passerelle artistique entre la musique de la Renaissance et la musique contemporaine anglaises. Cette filiation, cette logique du sens harmonique, rythmique et poétique, nous ouvre un champ d’exploration autour de l’identité sonore et de la tradition. Comment les compositeurs de ces deux époques, si éloignées en apparence, ont traité la fusion des timbres, avec cette même volonté de toucher en profondeur, d’aller vers la plénitude d’un son à la fois puissant et caressant ?

Sous le règne d’Elizabeth 1ère, William Byrd trouve dans la Consort Song la plus belle façon de mettre en musique une poésie qui tour à tour exprime l’amour ou le désespoir, toujours avec le mélange de finesse et d’ardeur d’une confession.

Son élégie sur la mort de Tallis (Ye sacred muses), déchirant de douleur et d'affliction, sera rejoint par des œuvres de compositeurs aujourd'hui moins connus, tels Nathaniael Pattrick (Prepare to die, Send forth thy sighs), John Bennet (Eliza, her name gives honour), Richard Farran (O Jove, from stately throne), Christopher Tye (Sit fast), Picforth (In nomine).

Tous maîtrisent avec une grâce infinie l'art de combiner les rythmes et de sublimer un texte à travers des mélodies à la fois intenses et expressives.

 

En 1995, Michael Nyman crée le Self-Laudatory Hymn of Innana and Her Omnipotence, sur un poème sumérien, explosion de la divine auto-satisfaction de la déesse Ishtar. Cette grande et étonnante œuvre d'une quinzaine de minutes, particulièrement exigeante et jubilatoire, sera accompagnée des cinq Songs for Ariel, plus intimes, composées en 1992 pour le film de Peter Greenaway Prospero's Books, ici arrangées pour notre effectif, et qui ponctueront le concert.

 

En 2015, l’ensemble Céladon propose de réunir ces œuvres et leurs compositeurs au sein d’un programme qui laisse entrevoir la possibilité, pour ces musiques pourtant définies par leurs époques respectives (ancienne/contemporaine), de sortir des marqueurs du temps, forcément, inéluctablement réducteurs. Pas d'opposition entre les deux époques dans ce concert, puisque la musique de Michael Nyman découle tout naturellement de celle de ses prédécesseurs ; mais plutôt un savant mélange des genres, démontrant une étonnante proximité de ces œuvres, imbriquées dans le programme : ne pourrait-on pas croire en effet, que Sit fast de Tye a été composé hier ?

 

Les grands thèmes qui découlent de ce programme, au delà de l'identité anglaise elle-même, sont le temps suspendu (While you here do snoring lie, Prepare to die, Cease, leaden slumber dreaming), la mort et les larmes (Send forth thy sighs, Full fathom five), mais aussi les divinités : Ariel dans les chansons de Shakespeare, Tallis, promu à sa mort au rang de dieu de la musique par William Byrd, Elizabeth 1ere, véritable déesse vivante, let bien sûr Innana dans le Self-Laudatory Hymn.

 

D’un siècle à l’autre, c’est à chaque fois la force d’un témoignage projeté par le timbre de contre-ténor, l’intensité du consort de violes de gambe qui porte l’envol et finalement une magie qui s’opère, l’expression paradoxale d’une voix, qui est à la fois la seule, et la sixième, une parmi les violes.

Pour aller + loin

© Ensemble Céladon

No Time in Eternity, la distribution

Paulin Bündgen, contre-ténor et direction musicale

 

Catherine Arnoux, Emmanuelle Guigues ou Liam Fennelly, Viviana Gonzalez Careaga, Luc Gaugler, Nolwenn Le Guern, violes de gambe

 

Félicie d'Estienne d'Orves, conception visuelle

Agathe Trotignon, stylisme

Jean-Cyrille Burdet, direction technique

Caroline Huynh-van-Xuan, arrangements musicaux Songs for Ariel

 

Gilles Pastor, textes voix off, d'après la Tempête de W. Shakespeare

Alizée Bingöllü, voix off

avec le concours de KastôrAgile

Paulin Bündgen et Michael Nyman à Londres en 2014, première séance de travail

No Time in Eternity, photos & vidéo

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Paulin Bündgen

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